jeudi 24 décembre 2009

Le Marching Band

Aaaahhh... le Marching Band! Vous mourrez probablement d'impatience de savoir comment fonctionne cette fanfare de 200 musiciens!

Match de football, discours d'investiture, parade... le Marching Band est au coeur de la vie (et de l'image) de l'Universite! Imaginez donc 200 musiciens jouant tout en marchant au pas des themes tres "plom-plom majeur" de l'oncle John Phillip Sousa, pour former sur le terrain de football des formes geometriques complexes, figurant les initiales de leur universite ou retracant l'histoire du jeu video! Allez, pour ceux qui ne connaissent pas...
http://www.youtube.com/watch?v=E2UaVcZPsYU&feature=related

Mais que jouent-ils, au juste?
Et bien, lorsqu'ils sont fatigues de leur Fight song (joue 10x par match de basket, le Rasputinou local en quelque sorte) un peu pedant, ils savent aussi adapter et interpreter avec elegance musiques de films (qui passent bien mieux en mode nuance & chef d'orchestre qu'en fanfare etudiante, curieusement), tubes rocks (dont un superbe "Holiday" de Greenday que je ramenerais bien dans mes bagages...), mambos et New-Orleans jazz. Un repertoire tres jazz-blues-rock et typiquement americain, qui manque un peu de balkanik manouche mais certes pas de classe ni d'interet musical! Bref, on ne s'ennuie pas a les jouer.

Mais, quid de l'ambiance?
Arg, il faut bien avouer que ca ne vaut pas la Band'a Joe, et que les manches, les plans a l'arrache dans une manif ou un bar et les afters sont pour ainsi dire absents... Mais quand on connait les lois drastiques qui regissent le tapage diurne, les taxes payes par les bars pour faire jouer des groupes (500$ la soiree) et la parano ambiante face a l'alcoolisme juvenile, on peut peut-etre comprendre. De plus, il ne faut pas oublier que le Marching Band est organise par l'Universite, anime par un prof de musique et permet de valider des cours... et non pas une bande de potes reunis pour le fun pur. Mais il faut bien reconnaitre que ca leur permet de faire des trucs de fous!

samedi 12 décembre 2009

Stanford vs Berkeley

Quand on a la chance d'avoir deux amis de Centrale, Geo a Stanford, et Hugues-Loup a Berkeley, dans chacune de ces universites, parmis les plus prestigieuses des Etats-Unis et donc du monde, une petite visite guidee comparee s'impose!

Berkeley, l'universite d'Etat, la liberale, berceau des hippies et des mouvements contestataires, blotie au pied de collines aux accents de vieille Italie. Parsemee de batiments eteroclites, vieux batiments neo-classiques (en beton quand meme) aux vastes colonnades blanches, le Campanile de Berkeley bien sur (eh les gars regardez, c'est le Campanile de Berkeley! ;-) ), ou nouveaux essais de l'architecture moderne, batiment en forme de piscine vertical (oui, c'est concept), portail d'entree Art Nouveau, ou le Departement d'Architecture, paradoxalement l'un trucs les plus moches jamais construit par l'homme (!)...
(le departement de biologie et le Campanile)
(...et le superbe departement d'architecture!)

...tous entasses les uns a cote des autres au coeur de la ville de Berkeley, elle-meme peuplee de petits commerces (y'a meme des kebabs!), de bars tres animes (on n'y demande meme pas d'ID pour prendre une biere), et de clochards (la ville de Berkeley a une politique speciale d'aide aux sans-abris, du coup tous les clochards de Californie s'y sont donnees rendez-vous). (Remarque: un clochard, c'est tres pratique: quand on a moins de 21 ans, on peut le payer pour qu'il nous achete de l'alcool, et tout le monde est content!)

Authentique (voir photo ci-dessous): j'ai croise sur le campus un groupe de moines boudhistes (attention accrochez-vous) menant un jeune de priere en psalmodiant des litanies tibetaines, militant pour la restitution par le musee de l'universite des ossements de 5000 indiens Apahoro, afin que leurs ames puissent reposer en paix sur la terre de leurs ancetres.



Stanford, l'universite privee, aux frais de scolarite records, pratiquant le culte de l'excellence et de la reussite par l'innovation (et de l'argent). Au coeur de la Silicon Valley, berceau d'entreprises mondialement connues comme Hewlet-Packard, Apple, Google, Yahoo... bref en gros tout qui domine le monde de l'informatique et d'internet a son origine a Stanford.
(le Campanile de Stanford)
(Une cours de recreation. Des palmiers gros comme ca, ils en ont plantes il y a un mois a cote de chez Geo. Faut avoir les moyens...)

D'ailleurs je corrige: ce n'est pas vraiment Stanford qui est dans la Silicon Valley, c'est plutot la Silicon Valley qui est dans Stanford! Le campus de Stanford est tellement grand (le 2eme des USA), qu'il faut environ 1h pour le traverser a pied! L'ambiance est tres mediterraneenne: batiments neo-classiques, patios et pseudo-cloitres tres chics, palmiers geants et pelouses irriguees a grands frais, et meme une eglise catholique en pierre du plus pur style baroque-kitsch espagnol, avec des dorures partout et un fronton gigantesque!



Bref, vous l'aurez compris: tandis que Berkeley respire les mouvements contestataires, les debats d'idees progressistes et la vie etudiante trepidante, Stanford exhibe aux yeux de tous l'argent de la reussite et de l'excellence. Dans les deux universites en tout cas, on travaille d'arrache-pied et le diplome (surtout le PhD, l'equivalent de la these, qui a une grande valeur aux States), tres prestigieux, se merite !

Thanksgiving

Pour les americains, cette fete est aussi importante que Noel!

Si importante que ce jour-la, le dernier jeudi de Novembre, est meme ferie! (Waouh! sachant qu'il n y a que 3 ou 4 "holidays" dans l'annee -ce qui signifie "jour ferie" (au singulier), et non pas "vacances" de plusieurs jours (="vacation") en americain, vu que le concept de conges payes n'existe pas ici.)

Cependant, comme me l'a fait remarque cyniquement une americaine: "Les americains sont tellement obsedes par le travail que des le vendredi matin tout le monde est de retour au boulot!" Il ne faut pas leur montrer notre mois de Mai, ca les traumatiserait...

La fete consiste essentiellement en un grand repas de famille, mais on invite aussi des amis, contrairement a Noel. Un grand gueuleton (les americains adorent les grandes bouffes avec plein de nourriture, dont beaucoup de viande) a base de dinde ("turkey": pour se souhaiter un joyeux Thanksgiving on dit souvent "happy turkey day!"), de sauce sucree (une sorte de confiture mais tres douce qu'on met sur la viande), et de pleins d'autres trucs tres traditionnels et tres bizarres dont je ne me rappelle plus.

Mais c'est quoi le concept? Comme son nom l'indique, Thanksgiving est une fete d' "action de grace". A part que c'est laic et qu'on remercie en general, pas forcement Dieu. Ils ont d'ailleurs une expression bien pratique pour ca, sans equivalent en francais : "I am very thanksfull for...", qui ne precise pas qui on remercie. Au cours du repas, chacun est donc invite a son tour a citer un evenement de l'annee passee pour lequel il est reconnaissant, comme avoir une famille unie, avoir rencontre la femme de sa vie, avoir un nouveau boulot, etc., ou tout simplement remercier ses hotes pour le repas.

La tradition attribue l'origine de Thanksgiving aux premiers colons, qui un an apres leur arrivee a bord du "Mayflower" firent une grande fete pour remercier de cette Terre Nouvelle qui leur etait donnee, et sur laquelle ils avaient reussi a s'installer. En fait il semblerait qu'il y a 200ans, toutes les nouvelles communautes de la cote Est avaient plus ou moins ce genre de fete, a des dates differentes, visant a celebrer leur installation, et liee a une fete des moissons (en Novembre, les greniers sont pleins). C'est Abraham Licoln qui a unifie cette fete et en a fait un jour ferie national.

Bref, les americains sont tres malins: ils ont trouves que les fetes de fin d'annee, c'est tellement cool, qu'au lieu de les faire durer une semaine de Noel au Nouvel An, ils les font durer un mois, deThanksgiving a New Year's Eve !

San Francisco

C'est une maison bleue, adossee a la colline, on y vient a pied on ne frappe pas, ceux qui vivent la ont jete la clef...

(la maison d'Hugues-Loup)

A part qu'elle n'est pas bleue, la maison de Hugues-Loup, un ami francais a Berkeley, c'est exactement ca: une baraque en bois perchee dans les collines de Berkeley, avec des escaliers style renaissance pavees de feuilles mortes et des rues etroites en epingle a cheveux... on se croirait en Italie! Et puis la vue sur toute la baie de San Fransisco, le soleil couchant sur les gratte-ciels et le Golden Gate (Waouh), c'est disons... sympa.
(Italie? Grece? non, Californie.)
(la Bay Area depuis le balcon d'Hugues-Loup, au reveil: au premier plan, Berkeley; au fond a droite, le Golden Gate; au fond a gauche, la ville de San Francisco; au milieu, la baie; derriere le pont, l'Ocean Pacifique)
(oui, j'ai bien dit: sympa...)

Et sinon, qu'est-ce qu'il y a de si special a San Fransisco?


Ben, il y a des rues en carre sur des collines tres tres raides. Du coup certaines rues grimpent directement face a la pente, et certaines peuvent atteindre une inclinaison de 30 degres! (sans exagerer) Comme si l'urbaniste n'avait pas tenu compte des lignes de niveau en faisant son plan, ou n'etait pas au courant du concept d'epingle a cheveu. Il y a meme une rue tellement raide qu'ils ont ete oblige de rajouter a posteriori des lacets. Mais comme ils n'ont pas bien compris le concept de "je fais le moins de virages et le plus de portions droites possibles", ils ont rajoute les lacets en travers de la rue: ca donne Lombard Street, soi-disant "la rue la plus sinueuse du monde". La plus absurde en tout cas (!)

(Lombard Street et ses etranges lacets)

Il y a des quartiers pleins de vieilles maison victoriennes du debut du siecle, tres colorees (y'en a meme beaucoup des bleues!) et tres ornementees, poussees a la decrepitude dans les annees 60 et donc allegrement squattees par les hippies. (Car, faut-il le rappeler, San Fransisco est la ville qui a vu la naissance des mouvements hippy et skinhead!) Ca donne un etrange melange de vieilles baraques tres classiques joyeusement taguees et occuppes par des magasins de marijuana. (Ah oui, parce que le canabis est pour ainsi dire legalise en Californie.)
(oh, une maison bleue!)
(un "smoke shop"dans dans une charmante maisonnette pure 19eme)

Il y a Mission, le quartier latino, tres anime (dans tous les sens du terme), ou l'ont peut assister soit a des concerts classiques d'un quatuor de cuivres au fond des bars (ca s'appelle "Classical Revolution" et c'est assez concept!), soit a une guerre des gangs salvadoriens selon les soirs.


Il y a, comme dans toute grande ville americaine, un quartier d'affaire peuple de gratte-ciels, dont certains assez anciens (annees 20-30 quoi) sont en fait assez joliment decores, avec ornements neo-classiques, corbeaux et gargouilles, colonnades et linteaux. Comme quoi en France on fait un peu vite l'amalgame gratte-ciel=verre&acier=moche. La plupart des americains, au contraire, trouvent qu'un gratte-ciel c'est joli a condition d'etre vieux. Ce que je n'avais pas bien compris avant d'arriver a SF, vu que je me figurais betement que gratte-ciel=neuf&moderne (c'est sur que compares aux cathedrales...) !
(downtown San Francisco)

Et puis il y a bien sur les cliches touristiques, Alcatraz (la prison d'Al Capone, celle-construite-sur-une-ile-dont-on-ne-s'evade-pas-a-cause-des-courants-marins-et-des-requins), les cable-car (une sorte de telepherique urbain, seul capable de grimper les rues vertigineuses, la ou un tramway ou meme un bus echouerait), le Golden Gate Bridge (un grand pont tout rouge)... Il est vrai que ce sont les seuls "vrais" monuments humains, au sens europeen du terme, de la Californie, un Etat grand comme la France.
(la terrrrrible prison d'Alcatraz!)

(la gueguerre des universites devant le Golden Gate: vert pour Colorado State -Lucam et moi-, jaune pour Cal (Berkeley) -Hugues-Loup-, rouge pour Stanford -Geo-, et "Puma" pour USC (Los Angeles) -Laurent-)

Mon meilleur souvenir? Un coucher de Soleil... sur l'Ocean Pacifique.
(... The End ...)

jeudi 3 décembre 2009

Les dieux sont tombes sur la tete

Si vous avez vu ce ce flim (sinon, je vous le recommande chaleureusement!), vous vous rappelerez a coup sur de la scene ou une femme prend sa voiture, roule 50m en marche avant, depose une lettre dans sa boite postale, roule 50m en marche arriere et rentre chez elle. Eh bien, ca arrive en vrai!

11h du soir. -10*C dehors. Eric, Lucam et moi sommes pris d'une petite fringale. On prendrait bien un burger au Wendy's d'en face, mais seul le drive-in est ouvert a cette heure-la. Et par peur de se prendre un proces (une obsession americaine) par un pieton renverse par une voiture chez eux, ils refusent categoriquement de servir un client se presentant a pied au drive-in!

"Eh, mais j'ai une voiture!", s'exclame alors Eric. Apres 15min passees a degivrer ladite voiture enfouie sous un tas de neige, plus 10min pour prechauffer le moteur, nous voici donc a sortir du parking, traverser la rue, faire la queue au drive-in, prendre nos burgers, retraverser la rue, garer la voiture, et enfin rentrer chez nous au chaud pour deguster notre butin.

Petite precision: le Wendy's en question est vraiment en face de la rue, a 50m porte a porte. Americain on vous dit!