jeudi 25 mars 2010

Jerusalem

Un pèlerinage en Terre Sainte, à pied et sans argent



Le projet

Dans le cadre de mon année de césure à l'Ecole Centrale Paris, et après avoir effectué un stage de 6 mois dans un laboratoire de Colorado State Unversity aux Etats-Unis, j'ai décidé de partir en pèlerinage à Jérusalem, pendant 5 mois et 7 jours, seul, à pied et sans argent, comptant sur la générosité de l'habitant pour me nourrir, et éventuellement me loger – bien qu'il me soit possible de camper.
Je partirai donc de ma ville natale, Toulouse, le 26 mars 2009. Ma route passera par le Sud de la France – Castres, Avignon, Barcelonette –, franchira les Alpes au col de Larche, puis traversera le Nord de l'Italie – Cuneo, Padoue –, les Balkans – Trieste (Slovénie), Croatie, Sarajevo (Bosnie-Herzégovine), Serbie, Kosovo, Bulgarie – avant d'atteindre Istanbul (Turquie). De là, je traverserai le plateau d'Anatolie pour rejoindre Silifke (côte Sud de la Turquie), d'où je m'embarquerai en ferry pour Girne (Chypre Nord). Je traverserai Chypre pour prendre un bateau de Limassol (Chypre Sud) à Haïfa (Israel) pour enfin atteindre Jérusalem avant le 1er Septembre (date de mon vol retour pour la France).


Objectifs

L'objectif de ce voyage est de vivre la rencontre.
Rencontre avec ces régions d'Europe et d'Asie Mineure si riches en tradition, chargées d'histoire, aux cultures variées et vivantes. Découverte quotidienne de nouveaux paysages, de nouvelles senteurs, végétation, cultures, monts et vaux...
Rencontre avec les habitants qui les peuplent, chacun chargé de son histoire personnelle, de ses valeurs, de sa foi peut-être?... ou de son humeur du jour qu'il faudra bien supporter!
Rencontre enfin avec Dieu, qui est la source de tout cela, via des moments d'introspection facilité par ma solitude quotidienne – lecture de la Bible, prière –, mais aussi et surtout par la découverte de l'autre. Ces 5 mois un peu spéciaux de ma vie seront je l'espère l'occasion d'approfondir ma relation personnelle avec le Christ, d'apprendre à l'écouter me parler au quotidien.

Ce sont ces objectifs qui m'ont poussés à choisir ce mode de voyage.
A pied, car la lenteur de ce moyen de locomotion rend vulnérable et facilite le contact: les automobilistes s'arrêtent, les passants vous interpèlent, les promeneurs ont le temps de vous saluer, etc.
Sans argent, car frapper aux portes pour demander un morceau de pain est un bon moyen de forcer la rencontre et d'engager la discussion. Ce qui ne signifie pas que je m'interdit d'emporter et d'utiliser un pactole de secours: le dénuement financier n'est pas un but en soi, ni un défi, pour moi, mais simplement un moyen de faciliter la rencontre.
Jérusalem enfin, pour sa connotation symbolique bien sûr – le concept de pèlerinage est commun à de nombreuses cultures, et est à même de susciter des discussions d'ordre théologique, que je recherche activement pour approfondir ma foi et découvrir des visages de Dieu. Mais aussi parce que les régions traversées se prêtent bien à ce type de voyage: paysages et climats variés et agréables (pour la marche), forte densité de population en milieu rural (pour ne pas mourir de faim), et niveau de vie globalement décent. Je n'aurais par exemple pas envisagé ce type de voyage dans les Amériques, car les distances à parcourir sont trop importantes. Ni en Afrique Noire ou en Asie, ou le simple fait d'être blanc induit un statut particulier, et « jouer au pauvre » dans ces conditions m'aurait mis mal à l'aise.

Conclusion:

« Y'a que les routes qui sont belles,
et peu importe où elles nous mènent... »
Jean-Jacques Goldman

samedi 23 janvier 2010

Happy New Year! (nouvelles du jour, Janvier)

Bonjour et bonne annee a tous!

Apres un mois de decembre particulierement hivernal (neige 1 ou 2 fois par semaine, temperature diurne excedant rarement -5*C (!) ), a l'ambiance tres chacun-chez-soi-pres-de-la-cheminee, les jours ralongent et s'adoucissent enfin, et c'est une bonne nouvelle pour le cycliste que je suis (un veritable handicap dans l'hiver coloradien!).


J'ai eu la chance de passer Noel dans la famille (grecque, et nombreuse!) d'une amie a Denver. Ambiance tres Calvin & Hobbes dans ce petit neighborhood enneige de frais, couvert de guirlandes lumineuse, avec une cheminee et bon stock de Comics - la base d'un Noel reussi, meme si la famille me manque un peu.

(attention, Calvin peut debouler d'un instant a l'autre!)

Puis direction St-Louis en un road-trip epique pour rejoindre Urbana, grand rassemblement de 17000 etudiants chretiens. L'occasion de reflechir plus profondement sur ma foi, sur ses bases (quelle est la legitimite de la Bible?), et sur le role et le comportement des chretiens a travers le monde (que penser des missions d'evangelisation? des differences entre catholiques et protestants?). Si ces questions vous interessent, je serais ravi d'en discuter plus avant avec vous, par mail ou a mon retour en France!


Enfin un passage a Aspen, station de ski tres huppee du Colorado, chez Doug, vieil ami de mon pere et montagnard averti. Peut-etre un des seuls coins des Montagnes Rocheuses qui ressemble un tant soit peu aux Alpes, le reste etant generalement plus large et plus plat... mais incroyablement plus sauvage! Grace a Doug et a ces relations dans la station, on a meme pu skier pour pas trop cher (ce qui etait inespere dans cette station chic ou le forfait journalier excede les 100$...), participer a une descente au flambeau abreuve par un moniteur de ski particulierement cool, et tester la biere locale (les coloradiens ont une passion pour les micro-brasseries). Bref, que du bonheur!

Cote boulot, je kiffe de plus en plus. En plus des experiences sur les fibres optiques, on a ete charges de reflechir a un modele - via un petit programme informatique - permettant d'expliquer leur comportement, et ce travail plus "theorique" est passionnant! Meme si on sait pas toujours ou on va (!)

On a meme commence a rediger un papier pour publier nos resultats! Bons ca va pas revolutionner la science, mais mon advisor est tres confiant sur l'interet et la nouveaute des resultats, donc c'est cool. En gros il y a tres peu de monde qui s'interesse a la propagation a travers des fibres "larges" (ouais, 0,2mm quoi!) d'un faisceau laser de "bonne" qualite (ie, bien concentre sur son axe), et ca pourrait meme interesser d'autres domaines que l'allumage laser, comme la metallurgie, la chirurgie, etc.


Je commence a sentir la fin (plus qu'un mois!), et je suis a la fois triste de partir et impatient de retrouver certains d'entre vous. Je rentre le 6mars, et je resterai probablement 2semaines en France. Si vous etes sur Paris ou sur Toulouse entre le 6 et le 21mars, je serais ravi de vous revoir!
Bonne lecture, et a bientot!

Simon

vendredi 22 janvier 2010

Des grosses bagnoles

On dit souvent que les americains ont des grosses voitures... en fait, on est bien en-dessous de la realite! Neufs ou rouilles, rutilants ou demodes, trucks et Cadillacs font partie du paysage. Petite inspection de mon neighborhood en photos.

(les classiques trucks...)


(...quelques ovnis...)



(...et pour finir, le fameux Hummer!)

jeudi 21 janvier 2010

La station de ski

Ah... premier jour de ski!

La neige est tombee abondamment pendant la nuit, les pistes et les forets sont recouverts d'une bonne grosse couche de peuf... ni une ni deux, apres une descente, je me glisse sous une barriere et m'en vais deguster la poudreuse fraiche dans les sous-bois!

Seulement voila: on est en Amerique ici, et la loi, c'est la loi!
Des mon retour sur la piste, un curieux pieton a l'anorak rouge marque du sigle de la station m'interpelle:
" Sir, je peux savoir ce que vous faisiez?
- Bien sur: je prenais mon pied dans un hors-piste!
- Vous savez que c'est interdit?
- Ah oui, "interdit"... vous voulez dire: "fortement deconseille pour des raisons de securite, attention les hors-pistes ne sont pas dames et si vous vous petez la gueule la station ne vous remboursera pas votre forfait ni vos ski en morceaux" ? [car c'est bien ce que signifie le panneau "Zone hors-piste - Danger" en France, non?]
- Pas vraiment... ca veut dire: "passer sous une barriere posee par la station est passible d'une suspension immediate du forfait, d'une amende de 1000$, d'une comparition devant le Sheriff (!), voire d'une petite garde a vue si celui-ci est de mauvaise humeur!". "

Sur ce il ajoute qu'en skiant hors-piste je risque de percer une de leurs precieuses canalisations d'eau sous pression pour la neige artificielle, soit 10 000$ pour ma pomme [et la, je ne peux pas m'empecher de penser que s'ils etaient moins stupides, ils les auraient enterrees, leur canalisations].

Refroidi par cette declaration d'amour pour les free-riders, je file doux le reste de la journee, un peu decu je l'avoue par cette haine de la poudreuse. Le soir, nous dinons avec un ami d'un ami qui bosse a la station, et qui eclaire ma lanterne.
Une partie de son boulot consiste a accourir des qu'il y a un accident, pour photographier l'integralite de la scene du crime et envoyer le tout a... l'avocat de la station. Histoire d'eviter cette malencontreuse deboire, qui se reproduit tous les 5 ans en moyenne, d'un quidam blesse a cause de sa nullite en ski, et qui grace au zele d'un avocat trouve toujours une preuve ou une autre de la defaillance des mesures de securite de la station, justifiant du meme coup devant un tribunal le versement de quelques millions (authentique!) de dollars de dedommagements! On comprend qu'apres ca, ils soient un peu paranos sur la securite...


Ah!, ca n'a rien a voir mais voici un autre exemple de l'absurdite des regles americaines: l'autre partie du boulot de cet ami d'un ami consiste a declencher les avanlanches. Mais attention, a l'ancienne! : chausser ses skis, monter en haut de la station, devaler la pente jusqu'a l'endroit voulu, alumer un baton de dynamite, le jeter le plus loin possible, et se planquer en attendant que ca explose !!

" Pourquoi vous n'amenez pas les charges avec des cables, pour les faire peter a distance, comme je l'ai vu faire en Europe?", demande-je naivement.
- Eh bien, la loi americaine interdit l'usage d'explosif pre-charges... [tu comprend, le truc pourrait peter tout seul sur le cable avant qu'on le declenche, ca serait vraiment dommage...] Du coup les seules machines auquelles on a droit sont des especes des canons a patates [vous savez, le truc a air comprime qu'on bricole dans son garage pour faire une blague aux copains]. Il en existe meme une version XXL, monte sur une tourelle de tank! (Waouh! a quand la guerre des montagnes!). Mais c'est pas tres precis, du coup on prefere encore les lancer a la main. "


Vous l'aurez compris, ici, c'est l'Amerique, et on ne plaisante pas avec la loi!

Un Road-trip

Pour assister a un grand rassemblement chretien a St-Louis, Missouri, rien de tel que de prendre le moyen de transport le plus economique: la voiture! Denver - St-Louis, 1300km, 14h de route, a travers les plaines enneigees du Midwest. Mais commencons par le commencement:

Premier jour: lever 6:00am . Un coup d'oeil a la meteo nous revele la presence d'une gigantesque tempete de neige recouvrant tout le Midwest. Et comme il n'y a pas de collines pour arreter le vent dans ces contrees, la neige s'accumule sur les autoroutes en des monticules qui peuvent recouvrir entierement les vehicules! Le pays est litteralement coupe en deux: a moins de prendre l'avion, il est techniquement impossible de joindre les cotes Est et Ouest. Bref, on est bon pour poireauter toute la journee a Denver. On partira demain matin.


Deuxieme jour: de nouveau lever 6:00am. Superbe lever de Soleil sur les gratte-ciels de Denver depuis l'autoroute:


13:00: premier arret a Wakeeney, Kansas. Un nom pareil, ca ne s'invente pas: voulant nous degourdir les jambes et nous eloigner un peu des camions gros comme des montagnes qui peuplent ce bled-station service, nous longeons les 3 baraques ou granges qui consitituent cette agglomeration, avant d'etre arrête par une route toute droite, s'etendant jusqu'a l'horizon, sans une habitation en vue... alors on s'accroche au seul arbre qu'on a trouve!

(plat et vide, on vous dit!)

A quoi ca ressemble, le Kansas? Ben...


Sauf qu'en hiver, les mais sont moissonnes, les vaches sont a l'etable: bref, ce sont des champs enneiges, desesperement plats, a perte de vue. Les seuls arbres que l'on rencontre sont ceux qui entourent les fermes (pour les proteger du vent).


(Lucam et Ana ont trouve une ferme)

Le retour: au lieu de faire la route d'une traite comme a l'aller (14h de route, quand meme!), nous faisons une halte pour la nuit chez l'oncle d'Ashley, a Springfield (la ville des Simpsons), a la frontiere du Missouri et du Kansas. Pour se degourdir les jambes, on cherche une jolie ballade a faire dans cette ravissante campagne vallonnee.

Seulement voila: contrairement a la campagne francaise, parcourue en tous sens depuis des millenaires, peuplee de petits chemins champetres, d'allees ombragees et de GRs a portee de godasse, personne ne s'amuse a traverser les immenses champs du Missouri a pied!

(Et ce, d'autant plus qu'il est legalement autorise au Missouri de faire feu sur tout etranger penetrant dans sa propriete, pature ou jardin, mobil-home ou villa. On ne s'y risquera donc pas...)

Il nous faudra donc faire une bonne 20aine de kms en voiture (!), pour se rendre dans une National Forest protegee (et amenagee), afin de gouter aux joies de la randonnee.


Et voila! Apres une 10aine d'heures de route supplementaires, une heure perdue a degager une des bagnoles qui s'etait enlisee dans un paquet de neige en sortant de la chaussee (heureusement sans dommage humain ni materiel), nous voila de retour a Denver, Colorado. Il ne reste plus qu'a rentrer a la maison, a Fort Collins a... 1h de route. Une pecadille!

jeudi 24 décembre 2009

Le Marching Band

Aaaahhh... le Marching Band! Vous mourrez probablement d'impatience de savoir comment fonctionne cette fanfare de 200 musiciens!

Match de football, discours d'investiture, parade... le Marching Band est au coeur de la vie (et de l'image) de l'Universite! Imaginez donc 200 musiciens jouant tout en marchant au pas des themes tres "plom-plom majeur" de l'oncle John Phillip Sousa, pour former sur le terrain de football des formes geometriques complexes, figurant les initiales de leur universite ou retracant l'histoire du jeu video! Allez, pour ceux qui ne connaissent pas...
http://www.youtube.com/watch?v=E2UaVcZPsYU&feature=related

Mais que jouent-ils, au juste?
Et bien, lorsqu'ils sont fatigues de leur Fight song (joue 10x par match de basket, le Rasputinou local en quelque sorte) un peu pedant, ils savent aussi adapter et interpreter avec elegance musiques de films (qui passent bien mieux en mode nuance & chef d'orchestre qu'en fanfare etudiante, curieusement), tubes rocks (dont un superbe "Holiday" de Greenday que je ramenerais bien dans mes bagages...), mambos et New-Orleans jazz. Un repertoire tres jazz-blues-rock et typiquement americain, qui manque un peu de balkanik manouche mais certes pas de classe ni d'interet musical! Bref, on ne s'ennuie pas a les jouer.

Mais, quid de l'ambiance?
Arg, il faut bien avouer que ca ne vaut pas la Band'a Joe, et que les manches, les plans a l'arrache dans une manif ou un bar et les afters sont pour ainsi dire absents... Mais quand on connait les lois drastiques qui regissent le tapage diurne, les taxes payes par les bars pour faire jouer des groupes (500$ la soiree) et la parano ambiante face a l'alcoolisme juvenile, on peut peut-etre comprendre. De plus, il ne faut pas oublier que le Marching Band est organise par l'Universite, anime par un prof de musique et permet de valider des cours... et non pas une bande de potes reunis pour le fun pur. Mais il faut bien reconnaitre que ca leur permet de faire des trucs de fous!

samedi 12 décembre 2009

Stanford vs Berkeley

Quand on a la chance d'avoir deux amis de Centrale, Geo a Stanford, et Hugues-Loup a Berkeley, dans chacune de ces universites, parmis les plus prestigieuses des Etats-Unis et donc du monde, une petite visite guidee comparee s'impose!

Berkeley, l'universite d'Etat, la liberale, berceau des hippies et des mouvements contestataires, blotie au pied de collines aux accents de vieille Italie. Parsemee de batiments eteroclites, vieux batiments neo-classiques (en beton quand meme) aux vastes colonnades blanches, le Campanile de Berkeley bien sur (eh les gars regardez, c'est le Campanile de Berkeley! ;-) ), ou nouveaux essais de l'architecture moderne, batiment en forme de piscine vertical (oui, c'est concept), portail d'entree Art Nouveau, ou le Departement d'Architecture, paradoxalement l'un trucs les plus moches jamais construit par l'homme (!)...
(le departement de biologie et le Campanile)
(...et le superbe departement d'architecture!)

...tous entasses les uns a cote des autres au coeur de la ville de Berkeley, elle-meme peuplee de petits commerces (y'a meme des kebabs!), de bars tres animes (on n'y demande meme pas d'ID pour prendre une biere), et de clochards (la ville de Berkeley a une politique speciale d'aide aux sans-abris, du coup tous les clochards de Californie s'y sont donnees rendez-vous). (Remarque: un clochard, c'est tres pratique: quand on a moins de 21 ans, on peut le payer pour qu'il nous achete de l'alcool, et tout le monde est content!)

Authentique (voir photo ci-dessous): j'ai croise sur le campus un groupe de moines boudhistes (attention accrochez-vous) menant un jeune de priere en psalmodiant des litanies tibetaines, militant pour la restitution par le musee de l'universite des ossements de 5000 indiens Apahoro, afin que leurs ames puissent reposer en paix sur la terre de leurs ancetres.



Stanford, l'universite privee, aux frais de scolarite records, pratiquant le culte de l'excellence et de la reussite par l'innovation (et de l'argent). Au coeur de la Silicon Valley, berceau d'entreprises mondialement connues comme Hewlet-Packard, Apple, Google, Yahoo... bref en gros tout qui domine le monde de l'informatique et d'internet a son origine a Stanford.
(le Campanile de Stanford)
(Une cours de recreation. Des palmiers gros comme ca, ils en ont plantes il y a un mois a cote de chez Geo. Faut avoir les moyens...)

D'ailleurs je corrige: ce n'est pas vraiment Stanford qui est dans la Silicon Valley, c'est plutot la Silicon Valley qui est dans Stanford! Le campus de Stanford est tellement grand (le 2eme des USA), qu'il faut environ 1h pour le traverser a pied! L'ambiance est tres mediterraneenne: batiments neo-classiques, patios et pseudo-cloitres tres chics, palmiers geants et pelouses irriguees a grands frais, et meme une eglise catholique en pierre du plus pur style baroque-kitsch espagnol, avec des dorures partout et un fronton gigantesque!



Bref, vous l'aurez compris: tandis que Berkeley respire les mouvements contestataires, les debats d'idees progressistes et la vie etudiante trepidante, Stanford exhibe aux yeux de tous l'argent de la reussite et de l'excellence. Dans les deux universites en tout cas, on travaille d'arrache-pied et le diplome (surtout le PhD, l'equivalent de la these, qui a une grande valeur aux States), tres prestigieux, se merite !

Thanksgiving

Pour les americains, cette fete est aussi importante que Noel!

Si importante que ce jour-la, le dernier jeudi de Novembre, est meme ferie! (Waouh! sachant qu'il n y a que 3 ou 4 "holidays" dans l'annee -ce qui signifie "jour ferie" (au singulier), et non pas "vacances" de plusieurs jours (="vacation") en americain, vu que le concept de conges payes n'existe pas ici.)

Cependant, comme me l'a fait remarque cyniquement une americaine: "Les americains sont tellement obsedes par le travail que des le vendredi matin tout le monde est de retour au boulot!" Il ne faut pas leur montrer notre mois de Mai, ca les traumatiserait...

La fete consiste essentiellement en un grand repas de famille, mais on invite aussi des amis, contrairement a Noel. Un grand gueuleton (les americains adorent les grandes bouffes avec plein de nourriture, dont beaucoup de viande) a base de dinde ("turkey": pour se souhaiter un joyeux Thanksgiving on dit souvent "happy turkey day!"), de sauce sucree (une sorte de confiture mais tres douce qu'on met sur la viande), et de pleins d'autres trucs tres traditionnels et tres bizarres dont je ne me rappelle plus.

Mais c'est quoi le concept? Comme son nom l'indique, Thanksgiving est une fete d' "action de grace". A part que c'est laic et qu'on remercie en general, pas forcement Dieu. Ils ont d'ailleurs une expression bien pratique pour ca, sans equivalent en francais : "I am very thanksfull for...", qui ne precise pas qui on remercie. Au cours du repas, chacun est donc invite a son tour a citer un evenement de l'annee passee pour lequel il est reconnaissant, comme avoir une famille unie, avoir rencontre la femme de sa vie, avoir un nouveau boulot, etc., ou tout simplement remercier ses hotes pour le repas.

La tradition attribue l'origine de Thanksgiving aux premiers colons, qui un an apres leur arrivee a bord du "Mayflower" firent une grande fete pour remercier de cette Terre Nouvelle qui leur etait donnee, et sur laquelle ils avaient reussi a s'installer. En fait il semblerait qu'il y a 200ans, toutes les nouvelles communautes de la cote Est avaient plus ou moins ce genre de fete, a des dates differentes, visant a celebrer leur installation, et liee a une fete des moissons (en Novembre, les greniers sont pleins). C'est Abraham Licoln qui a unifie cette fete et en a fait un jour ferie national.

Bref, les americains sont tres malins: ils ont trouves que les fetes de fin d'annee, c'est tellement cool, qu'au lieu de les faire durer une semaine de Noel au Nouvel An, ils les font durer un mois, deThanksgiving a New Year's Eve !

San Francisco

C'est une maison bleue, adossee a la colline, on y vient a pied on ne frappe pas, ceux qui vivent la ont jete la clef...

(la maison d'Hugues-Loup)

A part qu'elle n'est pas bleue, la maison de Hugues-Loup, un ami francais a Berkeley, c'est exactement ca: une baraque en bois perchee dans les collines de Berkeley, avec des escaliers style renaissance pavees de feuilles mortes et des rues etroites en epingle a cheveux... on se croirait en Italie! Et puis la vue sur toute la baie de San Fransisco, le soleil couchant sur les gratte-ciels et le Golden Gate (Waouh), c'est disons... sympa.
(Italie? Grece? non, Californie.)
(la Bay Area depuis le balcon d'Hugues-Loup, au reveil: au premier plan, Berkeley; au fond a droite, le Golden Gate; au fond a gauche, la ville de San Francisco; au milieu, la baie; derriere le pont, l'Ocean Pacifique)
(oui, j'ai bien dit: sympa...)

Et sinon, qu'est-ce qu'il y a de si special a San Fransisco?


Ben, il y a des rues en carre sur des collines tres tres raides. Du coup certaines rues grimpent directement face a la pente, et certaines peuvent atteindre une inclinaison de 30 degres! (sans exagerer) Comme si l'urbaniste n'avait pas tenu compte des lignes de niveau en faisant son plan, ou n'etait pas au courant du concept d'epingle a cheveu. Il y a meme une rue tellement raide qu'ils ont ete oblige de rajouter a posteriori des lacets. Mais comme ils n'ont pas bien compris le concept de "je fais le moins de virages et le plus de portions droites possibles", ils ont rajoute les lacets en travers de la rue: ca donne Lombard Street, soi-disant "la rue la plus sinueuse du monde". La plus absurde en tout cas (!)

(Lombard Street et ses etranges lacets)

Il y a des quartiers pleins de vieilles maison victoriennes du debut du siecle, tres colorees (y'en a meme beaucoup des bleues!) et tres ornementees, poussees a la decrepitude dans les annees 60 et donc allegrement squattees par les hippies. (Car, faut-il le rappeler, San Fransisco est la ville qui a vu la naissance des mouvements hippy et skinhead!) Ca donne un etrange melange de vieilles baraques tres classiques joyeusement taguees et occuppes par des magasins de marijuana. (Ah oui, parce que le canabis est pour ainsi dire legalise en Californie.)
(oh, une maison bleue!)
(un "smoke shop"dans dans une charmante maisonnette pure 19eme)

Il y a Mission, le quartier latino, tres anime (dans tous les sens du terme), ou l'ont peut assister soit a des concerts classiques d'un quatuor de cuivres au fond des bars (ca s'appelle "Classical Revolution" et c'est assez concept!), soit a une guerre des gangs salvadoriens selon les soirs.


Il y a, comme dans toute grande ville americaine, un quartier d'affaire peuple de gratte-ciels, dont certains assez anciens (annees 20-30 quoi) sont en fait assez joliment decores, avec ornements neo-classiques, corbeaux et gargouilles, colonnades et linteaux. Comme quoi en France on fait un peu vite l'amalgame gratte-ciel=verre&acier=moche. La plupart des americains, au contraire, trouvent qu'un gratte-ciel c'est joli a condition d'etre vieux. Ce que je n'avais pas bien compris avant d'arriver a SF, vu que je me figurais betement que gratte-ciel=neuf&moderne (c'est sur que compares aux cathedrales...) !
(downtown San Francisco)

Et puis il y a bien sur les cliches touristiques, Alcatraz (la prison d'Al Capone, celle-construite-sur-une-ile-dont-on-ne-s'evade-pas-a-cause-des-courants-marins-et-des-requins), les cable-car (une sorte de telepherique urbain, seul capable de grimper les rues vertigineuses, la ou un tramway ou meme un bus echouerait), le Golden Gate Bridge (un grand pont tout rouge)... Il est vrai que ce sont les seuls "vrais" monuments humains, au sens europeen du terme, de la Californie, un Etat grand comme la France.
(la terrrrrible prison d'Alcatraz!)

(la gueguerre des universites devant le Golden Gate: vert pour Colorado State -Lucam et moi-, jaune pour Cal (Berkeley) -Hugues-Loup-, rouge pour Stanford -Geo-, et "Puma" pour USC (Los Angeles) -Laurent-)

Mon meilleur souvenir? Un coucher de Soleil... sur l'Ocean Pacifique.
(... The End ...)

jeudi 3 décembre 2009

Les dieux sont tombes sur la tete

Si vous avez vu ce ce flim (sinon, je vous le recommande chaleureusement!), vous vous rappelerez a coup sur de la scene ou une femme prend sa voiture, roule 50m en marche avant, depose une lettre dans sa boite postale, roule 50m en marche arriere et rentre chez elle. Eh bien, ca arrive en vrai!

11h du soir. -10*C dehors. Eric, Lucam et moi sommes pris d'une petite fringale. On prendrait bien un burger au Wendy's d'en face, mais seul le drive-in est ouvert a cette heure-la. Et par peur de se prendre un proces (une obsession americaine) par un pieton renverse par une voiture chez eux, ils refusent categoriquement de servir un client se presentant a pied au drive-in!

"Eh, mais j'ai une voiture!", s'exclame alors Eric. Apres 15min passees a degivrer ladite voiture enfouie sous un tas de neige, plus 10min pour prechauffer le moteur, nous voici donc a sortir du parking, traverser la rue, faire la queue au drive-in, prendre nos burgers, retraverser la rue, garer la voiture, et enfin rentrer chez nous au chaud pour deguster notre butin.

Petite precision: le Wendy's en question est vraiment en face de la rue, a 50m porte a porte. Americain on vous dit!

dimanche 22 novembre 2009

Quelques photos


(camping en solo)








(un parc de la ville)

(le labo en automne)

(campus)




(Eric, un ami américain)